Engagement de la femme du « dehors »

A l’occasion des premiers engagements à la prison de Panevėžys, le 4 mars 2016, Saint Casimir, patron de la Lituanie, lors de la messe présidée par Monseigneur

Mission Ruth et Noémie
Engagement pour prendre en jumelage une femme incarcérée

Cet engagement répond à un appel dans votre cœur. En effet, la dure réalité de l’univers carcéral rend nos sœurs détenues particulièrement fragiles et sensibles à tout ce qui concerne les relations humaines. J’attire l’attention sur le fait que cela est un engagement du cœur dans le Cœur de Jésus. Cela implique que cet engagement se déroule dans la durée. Ces femmes sont emprisonnées pour une moyenne de 15 années. Pour exemple, je pense à cette jeune fille condamnée à 18 ans à ses 16 ans. Elle en a 23 à ce jour et en aura 34 à sa sortie (sauf révision du procès). Vous imaginez combien un lien avec l’extérieur est comme une lucarne sur leur liberté, un témoignage qu’elles sont importantes et existent au delà des barreaux qui les réduisent sans cesse à la faute de leur passé. Notre tâche, comme expliquée dans la présentation, est d’être une mémoire vivante qui leur rappelle qu’elles sont avant tout filles de Dieu, de les encourager, les soutenir, voilà pour ce qui est des courriers. Pour la prière, elle est maternelle, comme une mère porte son enfant « en elle » dans son cœur, même si ce dernier est loin. Les initiatives spirituelles sont entièrement libres, mais retenons que l’offrande de nos contrariétés du quotidien, petites et grandes les couvrira de tendresse au-delà du visible.
Cette mission naît en l’Année Sainte de la Miséricorde 2015-2016 ; elle répond à ces temps qui appellent la reconnaissance de l’inépuisable Miséricorde de Dieu pour les pécheurs, et se veut une œuvre de la Miséricorde. En tant que femme, sentinelle de l’invisible, selon les termes de Saint Jean-Paul II, nous pouvons, avec l’eau de nos prières, abreuver d’autres cœurs, au-delà du visible. Marie n’a-t-elle pas été active par ses vertus passives ? Foi, Espérance, Charité… Nous cultiverons ce jardin des vertus avec et pour une autre. N’oublions pas que derrière chacune de ces femmes, il y a de nombreuses autres femmes qu’elles côtoient au quotidien et qui sont enfermées dans les affres de la violence, de la colère que les conditions carcérales favorisent. Prions pour une contagion de Foi, d’Espérance et de Charité à l’intérieur de la prison. La femme que vous jumelez s’est engagée à devenir missionnaire là où elle est, elle a besoin de vous pour cela aussi. Notre service sera d’être toute accueil sans juger, ni évaluer aucune des situations qui nous seront confiées. Notre axe humain et spirituel est de les soutenir inconditionnellement, de leur rappeler sans cesse combien elles sont aimées de leur Père du Ciel. Nous faisons mémoire  des paroles de Mère Teresa : « Les pauvres ont besoin de nous, mais le besoin que nous avons des pauvres n’est pas moins grand. La plus grande pauvreté réside dans le fait de ne pas être aimé ».

La femme du dehors
Elle peut être de n’importe quelle nationalité. Ses coordonnées personnelles ne seront pas transmises à celle du dedans, sauf son prénom.

La femme du dehors s’engage à :

  • Porter dans son cœur de femme cette autre femme comme une sœur, comme une fille. Les démarches spirituelles (Messe, jeûne, offrande de ses souffrances…) sont entièrement libres à l’initiative de chacune. Cette sœur veut être le Cœur de Jésus où l’on peut se reposer et trouver du réconfort dans la peine, des forces aussi. Que fait un cœur ? Il bat. La prière, sous toutes ses formes, sera la vie de ce battement. La femme du dehors se tiendra comme « sentinelle » de l’invisible pour une autre qui marche dans la nuit de son histoire. Comme Noémie qui encourage Ruth à aller glaner dans un champ nouveau – « Un jour, Ruth la Moabite dit à Noémie : « Laisse-moi aller dans les champs. Je ramasserai les épis derrière quelqu’un qui sera bon envers moi en me permettant de le faire. » Noémie répond : « Vas-y, ma fille » (Ruth 12,1).
  • Encourager cette autre à avancer dans sa foi, particulièrement aux heures sombres par le biais de la prière mais aussi de courriers, une lettre par trimestre (ou plus si vous le souhaitez). L’amitié féminine vécue dans le Cœur de Jésus, au-delà du visible, fait écho aux paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». (Matthieu 18,19)

la Fraternité Béthanie dont la responsable est Kristina prend en charge la traduction des courriers dans le respect du secret des échanges. Dans le cas de libération d’une détenue, cette femme est libre de poursuivre la relation entamée dans les circonstances évoquées, mais cette démarche est alors d’ordre privée et ne concerne plus la Mission Ruth et Béthanie. Une ex-détenue pourra à son tour, dès que sa situation s’avère stable, se proposer comme femme du dehors.

Les courriers : Les lettres de vos filles sont  traduites par Kristina et envoyées à Adriana Boursange qui vous les transmets, et à qui vous enverrez vos réponses qui seront alors, à leur tour traduites et retransmises. Vous avez aussi la possibilité d’envoyer votre lettre trimestrielle directement à Kristina dont vous trouverez les coordonnées à la rubrique « coordonnées »

Adresse : Mission Ruth et Noémie pour : prénom

Annexe
Extraits de la Bulle d’Indiction du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde
« Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45) ».
« Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu ; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’anéantir. C’est ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. Cela ne signifie pas dévaluer la justice ou la rendre superflue, au contraire. Qui se trompe devra purger sa peine, mais ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon. Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice ».

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