Compte rendu de Kristina, engagements du 27 mai 2018, Ste Trinité.

En cette fête de la Trinité, 14 filles ont pu aller jusqu’au  bout et se sont consacrées en langue Russe. Pendant la messe il y a eu la consécration à la Sainte Vierge,  la confirmation, la 1ere communion, et à la fin de la messe la prière d’engagement. Les femmes ont beaucoup aimé la vidéo de Myriam qu’elle avait envoyée pour les préparer et dire leur engagement aussi. Elles aimeraient recevoir d’autres enseignements de Myriam comme cela.  Certaines ont vraiment été visitées par l’Esprit Saint au moment de l’imposition des mains par l’évêque et étaient comme « enivrées ».

 

Ensuite il y a eu un temps de partage  avec l’Évêque, elles ont fait la « morale » à l’Évêque,  lui disant que si nous arrêtons de prier lui, il ne pourrait plus avoir la force de continuer la mission ! L’humour ne manque pas à la prison. 

 

Une initiative a été prise de mettre dans la chapelle un carnet anonyme dans lequel elles écrivent des intentions de prière ,  Le soir aux rencontres du Cénacle elles prient pour ces intentions. La consécration à la Vierge les a réunies, du coup Kristina cherche d’autres moyens de garder cette union entre elles. Elles prient pour notre pèlerinage Mission Femme Lève Toi. 

 

En septembre le pape vient dans la prison des hommes à Vilnus pendant 1 après midi. Kristina a demandé à l’évêque s’il y a possibilité de le rencontrer pour Ruth et Noémie, elle avec une  délégation de 5 femmes et se rendre ainsi dans la prison des hommes. Ce convoi pour aller dans la prison des hommes doit être payé et les femmes sont prêtes  à participer. Prions que la demande soit acceptée! Elles préparent un cadeau: une  carte au pape : chaque femme s’engage à prier pour le pape tout au long de l’année à une heure précise. Il recevra la carte avec les noms des femmes ainsi que les heures de prière pour lui. Rendons grâce pour toutes ces merveilles! 

 

Quelques perles extraites des lettres aux mamans :

  •  A partir de début mai j’ai fait la consécration à la Sainte Vierge, au tout début de la consécration il est dit que Dieu est notre créateur, notre potier et tout la journée j’ai eu cette image du potier et en vérité le soir j’ai compris que je veux faire de la poterie mais dans la prison il n’y en a pas. Puis 2 semaines après j’apprends que l’atelier de poterie sera installé dans la prison. Kristina m’a dit que c’est un cadeau de la Sainte Vierge pour moi.
  • Je me réjouis car j’ai vu qu’à partir du moment où je donne toutes mes blessures au Seigneur, le Seigneur me donne des cadeaux. J’ai reçu une lettre d’un responsable de la prison, pour ma bonne conduite aussi mon temps en isolation a été réduit d’un an à 6 mois.
  • Je suis le parcours pour la consécration à la Sainte Vierge, et je me consacre le jour de la Sainte Trinité. Tous ce temps je me sentais bien, comme un temps à part qui m’était donné de la part de Dieu. A partir de ce moment j’ai pris la décision de ne plus laisser la prière de côté. Et je passe plus de temps pour la prière maintenant, je commence à aimer ce temps avec le Seigneur.
  • Je n’arrête pas de me réjouir des actions de notre Dieu. De plus en plus je me donne à Lui. Plus je marche avec Lui, plus Il me donne de la Lumière comment mener ma vie. Dès que je pose des actes concrets je reçois des cadeaux très concrets de la part de Dieu

Réengagement

Chères « mamans »
Demain, fête de la Trinité, les femmes de la mission Ruth et Noémie se réengageront à l’issu de la Messe et de nouvelles femmes s’engageront. C’est une bonne contagion dans la prison. Prions pour elles, si courageuses et audacieuses à l’intérieur des murs carcéraux. !

La prière de chaque jour des femmes
Seigneur, ce matin je me souviens que je suis Ta fille. Je T’offre cette journée, viens habiter mes pensées, mes actions, mes relations. J’ai confiance en Toi. Je mets ma main dans Ta main car je veux marcher avec Toi. Si je tombe en chemin, relève-moi, fortifie-moi, inspire-moi, j’ai tant besoin de Toi, je m’abandonne à Toi. Fais de cette journée de prison une journée de mission. Que, renouvelée par Toi dans l’Esperance, la Foi et la Charité, je puisse porter à mes sœurs la Bonne Nouvelle de Ton Amour.
Mon Dieu,
je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime.
Je Vous demande pardon
pour ceux qui ne croient pas,
qui n’adorent pas,
qui n’espèrent pas,
et qui ne Vous aiment pas.

Témoignages de nos filles

Mot de Kristina, l’aumônière de la prison

Nous sommes libres même si nous sommes ici en  prison.

Notre vie est précieuse pour Dieu malgré nos nombreuses chutes, voilà en résumé ce que disent vos filles !

Être maman de prisonnière, c’est changer la vie d’une femme à travers la prière chaque jour.  Porter “sa” fille dans la prière c’est permettre au  royaume de Dieu de renaître, c’est la porter fidèlement pour qu’elle ne retourne pas dans les mauvaises habitudes , ne retombe pas dans le péché après la rencontre du Christ. Pour que l’amour reçu dans le cœur ne soit  pas perdu dans la vie quotidienne.

Etre maman pour que les filles qui aujourd’hui sont encore dans la prison soient soutenues par des  paroles encourageantes pour continuer à vivre comme des filles de Dieu.

Être maman spirituelle, c’est permettre à Dieu de developper  la féminité et la  maternité. Kristina.

 

Témoignages du groupe de  la prière des prisonnières , temps d’ écoute et de partage.

Luiza

Je n’ai jamais eu de maman!Maintenant j’en ai une qui prie pour moi tous les jours, elle me porte dans sa  prière. Ma vie a changé avec le Seigneur grâce au soutien de la  prière. Elle a changé complètement ! Tous les jours je passe beaucoup de temps avec le Seigneur, ma vie de  prière m’a aidée à  me  pardonner à moi-même.

Ana

Merci , par vos prières l’amour de Dieu  passe à travers le mur  du présent.

Asta

Maintenant j’ai une maman, c’est vrai,  je ne la vois pas mais je sens qu’elle prie pour moi. C’est beaucoup parce que je n’ai jamais eu de maman. Cela me touche et ses lettres me donnent beaucoup de courage. Je peux m’appuyer sur sa prière, et je sais que je compte pour elle.

Veronika

Merci  Seigneur pour cette route vers la vie chrétienne. A chaque fois les lettres arrivent quand  mon cœur est au plus bas, je les reçois comme un encouragement venant de Dieu. Ce soutien me réconforte et je suis reconnaissante envers ma maman qui me guide dans la foi.

Zenfira

Ma vie a complètement changé, les lettres de ma maman spirituelle m’ont surtout aidée lorsque c’est difficile. Je  me sens soutenue, toutes les difficultés arrivent à fondre. Merci, grâce à ce soutien je peux garder la  décision de suivre  le Christ pour toute ma vie. Maintenant c’est à mon tour d’être missionnaire dans les prisons et même plus tard. Depuis mon engagement je peux dire  que ma vie a complètement changé. C’est un  tout premier miracle puis j’ai pu donner un pardon, ce jour-là,  je peux dire que le Christ est rentré dans ma vie. Je passe ma vie avec Dieu, avec son  soutien ,sur le bon chemin  J’ai abandonné mes mauvaises pratiques, je commence à prendre des décisions  avec le Seigneur qui me donne la joie et la paix, c’est grâce à la prière de ma maman spirituelle.Merci

(Tatjana)  Natacha

Avec les responsables de la prison à Panevzys

Je m’appelle Tatjana  c’est la deuxième fois que je suis enfermée et jusqu’à maintenant je n’ai fait que des mauvaises choses dans ma vie.  A l’âge de 4 ans, ma maman est morte et mon père a commencé à boire, il a fallu que j’apprenne à survivre. Dès toute petite,  j’ai commencé à voler et j’ai continué toute ma vie  jusqu’ il y a 4 ans où  je me suis dit je ne veux plus continuer comme ça, ma vie doit changer. J’ai commencé à chercher. J’ai participé au cours de Alpha dans la prison, c’était le début de l’amélioration  mais c’est  surtout après l’engagement dans la Mission du Ruth et Noemie que tout a basculé  . Après 18 ans je me suis confessée, je suis complètement libérée. Je ne veux pas retomber dans le même péché qu’avant.
La rencontre de  Dieu par la prière m’a montré  que le monde et surtout Dieu ne m’accuse pas malgré tout ce que j’ai fais,  je suis accueillie comme une personne normale. Cela, grâce  à la prière quotidienne de  ma maman spirituelle qui offre des sacrifices pour que  je puisse grandir dans la foi ,je prie pour ma maman . Même si j’ai jamais vue je l’aime déjà et  moi aussi je prie pour elle.  Je suis née dans une famille avec une maman lituanienne et un papa russe, je viens de la côte  de la mer Baltique exactement de ville de Klaipeda .

Jusqu’à l’âge de 5 ans ma vie était rose je ne manquais de rien, j’étais heureuse mais ma maman est tombée malade elle est morte après quelques mois j’avais encore une sœur  plus âgée que moi .Mon père a cause de sa grande tristesse a commencé à boire, souvent à la maison, il n’y avait rien à manger, donc j’ai commencé  à demander de l’argent en passant dans les rues. Avec cet argent, j’achetais du pain et même à boire à mon père. Vers l’âge de 9 ans mon père va essayer de me violer et j’ai subi différentes sortes de violence, il y avait souvent des conflits à la maison. A l’âge de 12 ans l’aide sociale nous a appelés, je me suis retrouvée dans un internat pour les enfants abandonnés là-bas ce n’était pas facile non plus. J’ai toujours essayé d’être le meilleur de la classe mais je n’étais pas une bonne élève. A l’âge de 14 ans  j’ai commencé à fumer, à boire donc j’ai commencé à sortir avec des garçons  j’ai abandonné l’école et l’âge de 16 ans je suis  tombée enceinte, j’ai donné la vie à un garçon j’ai été dans la maison pour les femmes seules avec leurs enfants. Petit à petit ma tante s’est approchée de moi, elle a pris en charge mon fils. Ma vie allait de plus en plus mal, j’étais souvent ivre puis j’ai commencé à consommer de la drogue. Je nepouvais pas voir mon fils car lorsque  j’étais ivre ma tante ne voulait pas me recevoir .  Dans une soirée j’ai fait connaissance avec un homme. Il a été mon compagnon quelques mois après, on a bu ensemble puis consommé de la drogue ensemble. Alors que j’étais ivre, dans un grand moment de jalousie, je l’ai tué.  Maintenant je suis en prison depuis 7 ans. Il  y a 4 ans que les cours Alpha ont  commencé en prison animés par sœur Kristina, je ne voulais en manquer aucun car je voulais me retrouver au plus vite en liberté. Au fil des semaines, je sentais ma vie changer, j’ai posé beaucoup de questions .Il y a 2 ans a commencé la mission de Ruth et Noémie, avec beaucoup de prudence j’ai regardé. Pendant la première retraite j’ai donné ma vie à Jésus et tout a complètement changé! J ai pu pardonner à tout le monde, même  à mon père ! J’ai reçu le pardon Je veux dire il faut  que je passe encore par beaucoup de mauvaises expériences mais le Seigneur reste toujours  avec moi , Il m’a emmené en prison pour que je puisse Le rencontrer , je suis une femme libre ! Maintenant je prie pour les femmes qui veulent se faire avorter  pour qu’elles puissent abandonner cette idée à jamais. Je suis le Seigneur où je vis mais lorsque je vais sortir, j’annoncerai le Christ par tous les moyens.

Que Dieu vous comble de Ses bénédictions.

Une femme !

Merci pour la lumière que vous amenez dans les  ténèbres. Au début quand j’ai su que je pouvais avoir une femme comme maman qui prie pour moi dans le monde, je me disais «  à quoi ça sert? » On m’a répondu:  pour avoir des encouragements il faut avoir des amies qui prient pour toi. Petit à petit, je me suis aussi accrochée à la prière et toute la période où j’étais en prison, ça m’a soutenue. C’est  vrai qu’on ne peut pas parler avec la personne de vive voix,  qu’on ne peut pas rencontrer la personne en face, c’est difficile de l’ imaginer mais je peux dire que j’ai senti que quelqu’un m’apportait tous les jours du soutien. Même dans les moments difficiles, par exemple quand j’ai su que j’étais (et suis encore) gravement malade, quand je restais toute seule abandonnée des proches,  je savais qu’il y a quelqu’un en France qui priait pour moi. Cela me portait beaucoup, car avant mon engagement je pensais souvent au suicide. Maintenant je sais que je dois être à mon tour un pilier pour les autres. Moi, je m’engage maintenant à prier pour toutes les mamans qui prient pour les prisonniers. Qu’elles ne se découragent pas et qu’elles soient patientes avec leurs filles. Que Dieu vous bénissent tous.

Christ est ressuscité et relève nos filles en prison

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Le vendredi Saint, nos filles engagées à Ruth et Noémie ont eu le droit de faire le chemin de croix à l’extérieur, évènement exceptionnel car depuis quelque temps les femmes n’ont plus beaucoup le droit d’aller dehors, comme avant.

Le jour de Pâques, un couple, anciens membres de la communauté du Cénacle, qui font aujourd’hui partie de la fraternité de Béthanie, sont venus à la prison.

Daniel a témoigné de sa vie d’ancien drogué et comment le Christ l’ a aidé à sortir de la drogue. Témoignage qui les a beaucoup touché, vous imaginez !

Puis il y a eu la messe. Venant avec la certitude que la messe allait être triste, elles ont eu  la surprise de découvrir des chants animés par Daniel, elles ont commencé à bouger, à chanter et taper dans leurs mains. Surprise que la messe se termine si vite au bout d’une heure et demie ! Plusieurs filles de Ruth et Noémie ont reçu leur première communion. Toutes (catholique, protestante, orthodoxe) sont venues même les femmes juives.

L’après midi les filles de Ruth et Noémie ont animé différents sketches. Le thème étant « pas toucher », elles ont illustré de plusieurs manières comment la prière peut libérer, laver du péché.

Puis Daniel a fait un concert. Il a commencé par des chants populaires. De plus en plus de femmes venaient écouter, puis se mettaient à danser, alors la musique s’est accélérée et Daniel a enchainé avec des chants de louange. A la suite de cela il y a eu 2 demandes de baptêmes.

Tous les mercredis Kristina anime un temps de prière de 14 h (13h hs française) à 16 h. Elles commencent par le chapelet de la Miséricorde, puis lecture et étude de la bible, partage, puis la prière les unes pour les autres. Par fois s’il y en a qui chantent, elles prennent des temps de louange.

Témoignages

Témoignage de Marie engagée à Ruth et Noémie

Merci pour la lumière que vous amenez aux ténèbres. Au début quand j’ai su que je pouvais avoir une femme comme maman qui prie pour moi dans le monde, je me disais «  à quoi ça sert » mais pour avoir des encouragements il faut avoir des amies qui prient pour toi. Petit à petit je me suis aussi accrochée à la prière et toute la période où j’étais en prison, ça m’a soutenu. C’est  vrai qu’on ne peut pas parler avec la personne de vive voix,  qu’on ne peut pas rencontrer la personne en face, c’est difficile de l’ imaginer mais je peux dire que j’ai senti que quelqu’un m’apportait tous les jours du soutien. Même dans les moments difficiles, par exemple quand j’ai su que j’étais (et suis encore) gravement malade, quand je restais toute seule abandonnée des proches,  je savais qu’il y a quelqu’un en France qui priait pour moi. Ca me portait beaucoup, car avant mon engagement je pensais souvent au suicide. Maintenant je sais que je dois être à mon tour un pilier pour les autres. Moi je m’engage maintenant à prier pour toutes les mamans qui prient pour les prisonniers. Qu’elles ne se découragent pas et qu’elles soient patientes avec leurs filles. Que Dieu vous bénissent tous.

 

Témoignage d’Edwige qui était en prison pendant 8 ans pour le meurtre de son mari, c’est en prison qu’elle s’est convertie.

Avant d’arriver dans la prison des femmes, j’allais à l’église maximum 1x par an. Quand je suis arrivée en prison, j’ai compris qu’il faut tout faire pour prendre plus de responsabilité de travail pour que le temps passe plus vite. A partir du moment où je n’avais plus de travail, j’ai participé à toutes les rencontres proposées en prison.  Une femme qui était dans la même section que moi, m’a parlé des rencontres avec sr Kristina. Moi je lui répondais que tout ce qui concernait la foi ne m’intéressait pas mais cette femme, mon amie, était vraiment dans la paix et ça m’a beaucoup touché,  elle vivait tous les évènements paisiblement. J’ai pris le risque d’aller à la réunion du lundi. La première fois j’ai tellement pleuré, ensuite on m’a proposé d’aller au cours d’alpha. Là je me suis confessée de tout ce qui a fait ma vie. A partir de ce moment  toute ma vie a complètement changé. J’ai demandé à prendre en charge le service de la sacristie de la prison et c’est moi qui ai amené les femmes aux réunions du lundi.  Petit à petit arrivait le moment où je devais sortir de prison et je ne pouvais pas retourner chez moi parce que  la famille de mon mari avaient brulé ma maison par vengeance. J’ai demandé à l’aumônier et à sr Kristina s’ils pouvaient me trouver un lieu où je pourrais vivre, non loin de l’église ou je pourrais servir. On m’a proposé une petite maison à côté du couvent. Maintenant je sers là et en même temps pour l’église. Avec tout ce que je peux faire et je rends grâce à Dieu  pour les personnes qui m’ont amené sur le bon chemin.

 

Témoignage de Laura qui a donné une année sabbatique pour servir dans la prison

Depuis 2016 je vais à la prison des femmes, c’est seulement la semaine dernière que je me suis rendue compte quel est vraiment le travail de l’accompagnement des prisonniers. Parce que les prisonnières m’ont fait comprendre et exprimé ce que nous leur apportons et j’ai compris ce que veut vraiment dire : être chrétienne. Leur manque de proches, leur ouverture de cœur, et aussi leur recherche d’une place ou elles sont en sécurité… Les femmes accueillent tout ce que tu peux leur donner : paroles, regards, attentions,  tout est  accueilli. C’est une très grande responsabilité pour moi car les femmes sont très sensibles et surtout elles ont du mal à faire confiance. Hier j’ai voulu parler par rapport aux commandements de Dieu, ce que ça veut dire être chrétien, qu’est-ce que ça veut dire  accueillir Jésus dans sa vie surtout quand votre vie est en désordre, plein de douleurs, de honte, de culpabilité et d’autres choses … Des rencontres comme cela c’est impossible à préparer et encore moins à prévoir les réactions. J’ai appris hier qu’il ne faut pas faire un cours de catéchisme, il faut plutôt partir de leurs questionnements et apporter des éléments de la foi. C’était une bonne pédagogie de Dieu, si Dieu n’avait pas été là ça aurait été le désordre. Ce n’était pas facile mais à travers ça je trouve de la joie. Je commence à apprécier le temps passé avec les prisonniers. Je commence à les aimer et  à  prier des fois.

Retour de mission mars 2017

Nous voici rentrés de mission à la prison de Panevezis en compagnie du Père Robert Wrona et de sr Diane de la fraternité JPII.  DSC_0012Dés le premier jour une trentaine de femmes sont venues, et quelle  joie de toutes se retrouver!!! L’Amour et la fraternité grandissent de mission en mission! La chef de bande de la prison était là puisque maintenant engagée dans la mission, et l’on pouvait compter sur elle pour mettre de l’ordre dans ce petit monde. Elles ont écouté le témoignage du Père Robert, ancien Dj, boîte de nuit….à bien des égards les femmes retrouvaient dans ses paroles une partie de leur propre expérience.  Le Père leur a partagé l expérience de l Amour de Jésus qui l’avait relevé, restauré et conduit sur une nouvelle voie.

J ai eu du mal à reconnaître une des femmes, il était impossible qu’elle ait eu un lifting en prison! Pourtant, elle semblait avoir perdu en chemin quelques années et tout en elle était si paisible. J’ai pu partager avec elle, je vous retranscris sa réponse  » Depuis mon engagement tout a changé, maintenant, avec Jésus, je peux rester en prison, ce n est plus un problème » (cette femme a encore une très longue peine). Voilà le miracle de l Amour de notre Dieu. Je n’ai pu m empêcher de penser : et moi, puis je dire la même chose dans la situation que je vis? Jésus est là, peu importe les circonstances?

Nous avons enseigné, exhorté, partagé…mais ce sont elles pour finir qui nous ont nourris, édifiés…derrière ces visages qui nous parlent de vies détruites, amères, anéanties, elles nous offrent l’expérience qu’en chaque être humain, voleur, meurtrier…vit un Enfant de Dieu dont la seule attente est celle de son Amour…quelle soif !

Le dernier jour celles qui le désiraient pouvait renouveler leur engagement et certaines se sont engagées pour la première fois. IMG_0177 IMG_0180 IMG_0182 IMG_0187Pour clôturer ces trois jours, sr Diane leur a proposé un atelier de danses d Israël. Nous étions un peu au bal en prison, certaines dansaient, d’autres assises regardaient et toutes riaient de bon cœur…moment de grâce au delà des mots.

Avant de se quitter, nous nous sommes installées en rond pour partager, là mes amies, je n’ai guère de mots pour parler de la profondeur, de l’authenticité et de la beauté de leurs partages…en un seul, elles ont êtes bénies, abondamment bénies par Jésus au cours de ces trois jours.

Vous ne pouvez imaginer les fruits de vos prières. Ce pays est loin, vous avez peu de retours (elles ne se précipitent pas sur leur feuille pour écrire, quand elles savent écrire) mais pas l’ombre d’un doute qu’un jour au ciel, nous serons étonnées de voir dans la Lumière, la puissance de ces prières!!!C’est notre foi.

Nous gardons le projet d’une maison pour les accueillir à la sortie, une maison où se prêcheraient les retraites, tenue par elles! L’évêque a accepté le principe, il nous manque juste la maison…Dieu pourvoira!

Les autorités observent concrètement les fruits de la mission Ruth et Noémie et nous ouvrent toutes grandes les portes! Deo gratias.

Merci à vous toutes chères mamans, vous êtes précieuses dans le plan de Dieu pour chacune de ces femmes.

Myriam

Notre troisième jour de visite à la prison s’est  terminé par quelques danses d’Israël très simples. 

Elles ont été bien accueillies par les femmes : c’était un temps joyeux et détendu.

Il est bon d’avoir pu prier ensemble avec le corps, sur des phrases de psaumes, lever les mains pour offrir notre vie au Seigneur, exprimer l’espérance de prendre le bon chemin avec Jésus après toutes nos errances, écraser la tête du serpent sous nos pieds … 

Le Seigneur était au milieu de nous, il a fait de nous des sœurs.

Sr Diane

Des nouvelles fraîches!

Bonjour à toutes, voici quelques nouvelles de nos filles.

Toutes les lettres, celles envoyées par internet, ainsi que celles envoyées par la poste, ont été traduites et distribuées. Elles ont toutes été très touchées par vos paroles. Certaines étaient très émues et ont pleuré.

Kristina va de nouveau les rencontrer et les inciter à parler d’elles plus personnellement afin qu’une relation puisse s’installer entre nous. Certaines ne savent pas écrire, aussi Kristina mettra un petit mot de leur part.

Parmi elles il y a un petit noyau qui entraine les autres à la prière car elles n’ont pas toutes une foi ancrée.

Le père Baldo de la Fraternité Missionnaire JPII se rend en Lithuanie et prendra du temps avec vos filles afin de les exhorter et fortifier. (voir intention de prière)

Kristina nous propose aussi 2 intentions de prière : cliquer sur le lien souligné svp

 

Engagement de la femme du « dehors »

A l’occasion des premiers engagements à la prison de Panevėžys, le 4 mars 2016, Saint Casimir, patron de la Lituanie, lors de la messe présidée par Monseigneur

Mission Ruth et Noémie
Engagement pour prendre en jumelage une femme incarcérée

Cet engagement répond à un appel dans votre cœur. En effet, la dure réalité de l’univers carcéral rend nos sœurs détenues particulièrement fragiles et sensibles à tout ce qui concerne les relations humaines. J’attire l’attention sur le fait que cela est un engagement du cœur dans le Cœur de Jésus. Cela implique que cet engagement se déroule dans la durée. Ces femmes sont emprisonnées pour une moyenne de 15 années. Pour exemple, je pense à cette jeune fille condamnée à 18 ans à ses 16 ans. Elle en a 23 à ce jour et en aura 34 à sa sortie (sauf révision du procès). Vous imaginez combien un lien avec l’extérieur est comme une lucarne sur leur liberté, un témoignage qu’elles sont importantes et existent au delà des barreaux qui les réduisent sans cesse à la faute de leur passé. Notre tâche, comme expliquée dans la présentation, est d’être une mémoire vivante qui leur rappelle qu’elles sont avant tout filles de Dieu, de les encourager, les soutenir, voilà pour ce qui est des courriers. Pour la prière, elle est maternelle, comme une mère porte son enfant « en elle » dans son cœur, même si ce dernier est loin. Les initiatives spirituelles sont entièrement libres, mais retenons que l’offrande de nos contrariétés du quotidien, petites et grandes les couvrira de tendresse au-delà du visible.
Cette mission naît en l’Année Sainte de la Miséricorde 2015-2016 ; elle répond à ces temps qui appellent la reconnaissance de l’inépuisable Miséricorde de Dieu pour les pécheurs, et se veut une œuvre de la Miséricorde. En tant que femme, sentinelle de l’invisible, selon les termes de Saint Jean-Paul II, nous pouvons, avec l’eau de nos prières, abreuver d’autres cœurs, au-delà du visible. Marie n’a-t-elle pas été active par ses vertus passives ? Foi, Espérance, Charité… Nous cultiverons ce jardin des vertus avec et pour une autre. N’oublions pas que derrière chacune de ces femmes, il y a de nombreuses autres femmes qu’elles côtoient au quotidien et qui sont enfermées dans les affres de la violence, de la colère que les conditions carcérales favorisent. Prions pour une contagion de Foi, d’Espérance et de Charité à l’intérieur de la prison. La femme que vous jumelez s’est engagée à devenir missionnaire là où elle est, elle a besoin de vous pour cela aussi. Notre service sera d’être toute accueil sans juger, ni évaluer aucune des situations qui nous seront confiées. Notre axe humain et spirituel est de les soutenir inconditionnellement, de leur rappeler sans cesse combien elles sont aimées de leur Père du Ciel. Nous faisons mémoire  des paroles de Mère Teresa : « Les pauvres ont besoin de nous, mais le besoin que nous avons des pauvres n’est pas moins grand. La plus grande pauvreté réside dans le fait de ne pas être aimé ».

La femme du dehors
Elle peut être de n’importe quelle nationalité. Ses coordonnées personnelles ne seront pas transmises à celle du dedans, sauf son prénom.

La femme du dehors s’engage à :

  • Porter dans son cœur de femme cette autre femme comme une sœur, comme une fille. Les démarches spirituelles (Messe, jeûne, offrande de ses souffrances…) sont entièrement libres à l’initiative de chacune. Cette sœur veut être le Cœur de Jésus où l’on peut se reposer et trouver du réconfort dans la peine, des forces aussi. Que fait un cœur ? Il bat. La prière, sous toutes ses formes, sera la vie de ce battement. La femme du dehors se tiendra comme « sentinelle » de l’invisible pour une autre qui marche dans la nuit de son histoire. Comme Noémie qui encourage Ruth à aller glaner dans un champ nouveau – « Un jour, Ruth la Moabite dit à Noémie : « Laisse-moi aller dans les champs. Je ramasserai les épis derrière quelqu’un qui sera bon envers moi en me permettant de le faire. » Noémie répond : « Vas-y, ma fille » (Ruth 12,1).
  • Encourager cette autre à avancer dans sa foi, particulièrement aux heures sombres par le biais de la prière mais aussi de courriers, une lettre par trimestre (ou plus si vous le souhaitez). L’amitié féminine vécue dans le Cœur de Jésus, au-delà du visible, fait écho aux paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». (Matthieu 18,19)

la Fraternité Béthanie dont la responsable est Kristina prend en charge la traduction des courriers dans le respect du secret des échanges. Dans le cas de libération d’une détenue, cette femme est libre de poursuivre la relation entamée dans les circonstances évoquées, mais cette démarche est alors d’ordre privée et ne concerne plus la Mission Ruth et Béthanie. Une ex-détenue pourra à son tour, dès que sa situation s’avère stable, se proposer comme femme du dehors.

Les courriers : Les lettres de vos filles sont  traduites par Kristina et envoyées à Adriana Boursange qui vous les transmets, et à qui vous enverrez vos réponses qui seront alors, à leur tour traduites et retransmises. Vous avez aussi la possibilité d’envoyer votre lettre trimestrielle directement à Kristina dont vous trouverez les coordonnées à la rubrique « coordonnées »

Adresse : Mission Ruth et Noémie pour : prénom

Annexe
Extraits de la Bulle d’Indiction du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde
« Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45) ».
« Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu ; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’anéantir. C’est ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. Cela ne signifie pas dévaluer la justice ou la rendre superflue, au contraire. Qui se trompe devra purger sa peine, mais ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon. Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice ».

Mission Ruth et Noémie

Les Fraternités Béthanie et Jean-Paul II
« MISSION RUTH ET NOÉMIE »

Cette initiative est née d’une mission en Lituanie en décembre 2015 et de la visite aux femmes à la prison de Panevėžys dont Kristina est l’aumônière. Voici comment Kristina s’est investie auprès des femmes de cette prison :
« En 2010, je commençais à visiter les prisonnières dans la prison des femmes Panevėžys. J’étais choquée car chaque mois était marqué par un suicide. Il y avait dans cette prison des intervenants protestants, mais une prisonnière catholique priait afin de pouvoir bénéficier aussi d’une visite d’une personne catholique. Je fus peu de temps après invitée à me rendre à la prison pour parler aux femmes. Ces dernières avaient exprimé le souhait de pouvoir parler avec une femme, certainement se sentant plus en confiance, comprises. Après cette première
prise de contact, les prisonnières réclamèrent de nouvelles rencontres. Je priais alors l’Esprit Saint de me guider. C’est alors que les mots « restaurée » et « acquittée » se sont imposés à moi. Je mis donc en place un programme sur ces thèmes. L’intention était de favoriser une rencontre avec Jésus aimant, mais aussi de favoriser un chemin de demande de pardon à leur victime quand cela était possible. C’est ainsi que je travaille dans cette prison depuis cinq ans avec mission de l’Evêque. Cette prison est habitée par 350 femmes dont 120 sont emprisonnées pour la première fois. Je le précise car malheureusement, la récidive est un problème dominant à la prison des femmes. Lorsque nous nous réunissons, il y a de 20 à 50  femmes assidues aux rencontres. La plupart sont catholiques, mais il y aussi des juives, musulmanes et orthodoxes. La grande majorité sont ici pour meurtres, 15% pour détention de stupéfiant, 10% pour vols, fraudes… Les détenues sont demandeuses d’enseignements, de prière, d’attention à leur identité féminine sans cesse menacée par les conditions carcérales ».
Pour ma part, je fus, lors de cette première rencontre, bouleversée par la soif de ces femmes. Comment ne pas penser aux Israélites, qui manquant de tout, affamés et assoiffés,reçoivent la manne céleste. Ce fut une expérience forte de ce que la soif de l’homme attire la Gloire de Dieu. Mais aussi, de ce que les difficultés des conditions physiques et relationnelles de ces femmes menaçaient à tout moment les petites avancées de foi,
d’espérance et de fidélité. Je confiais tout ceci alors à l’intercession du bienheureux père Lataste dont les phrases me nourrissaient : « Dieu oublie ce que vous avez été, et ne retient que ce que vous êtes ». Je leur prêchais cette matinée dans ce sens de la Miséricorde inépuisable de Dieu, mais intimement, je me demandais comment entretenir l’étincelle des rencontres fortes qui leur étaient proposées chaque semaine, face à la dureté quotidienne de l’univers carcéral ? Le dimanche 10 janvier (Baptême du Seigneur), je finissais une neuvaine à Mère Teresa, et me vint à la messe l’idée de cette mission.
Vision
Il y a d’un côté ces femmes, avec leur histoires, douloureuses, souvent dramatiques et Jésus qui est là assoiffé de leur âmes, ne dit-il pas qu’il est venu pour les pécheurs ? Et au milieu, cet univers clos, déshumanisant, « déspiritualisant » (homosexualité, drogue… tant de tentations…) qui dit au quotidien que plus rien n’est possible, que cette vie est un gâchis, remplissant l’atmosphère d’amertume, de colère, de révolte. Je pensais qu’il leur faudrait enjamber d’une manière ou d’une autre les murs de cette prison, s’évader par le coeur, jusqu’au Coeur de Jésus. J’eus alors l’idée d’un jumelage : une femme dedans, une femme dehors. Celle du dehors est ce marchepied que les femmes prisonnières peuvent emprunter pour regarder au-delà des murs carcéraux. Celle du dedans peut alors partager ses aspirations, sa soif loin des regards des autres prisonnières, librement en quelque sorte, car la vie en prison impose nombre de codes relationnels. Qui ne s’est jamais senti enfermé dans
un problème, souhaitant au plus intime trouver une personne neutre qui écoutera, entendra, sans jugement, sans à priori ? Celle du dehors est cette main tendue de Jésus qui rappelle qu’il ne se souvient plus du passé, que toute histoire, même la plus dramatique, en lui, peut avoir une autre fin, une autre issue, une preuve de l’espérance qu’il leur offre. Un autre point important est la valeur de l’engagement. Accepter et choisir le jumelage dans les conditions définies, est un acte d’engagement : « Oui, je veux cheminer vers Jésus, avec
l’aide d’une autre femme chrétienne ». La relation a valeur de témoignage et le témoignage augmente la foi. N’est-ce pas alors, à Jésus, que cette déclaration est faite ?
De plus, nous savons bien que les douleurs liées au sentiment d’indignité se guérissent avec l’attention d’un amour sans condition qui dit : « Tu n’es pas les actes que tu as commis, tu es là pour réparer ces fautes, mais ces fautes ne définissent pas ton identité, moi, je suis là pour te rappeler que tu es fille de Dieu… », rappeler que la Miséricorde est toujours plus grande que la misère, et ce afin de travailler à la restauration du sentiment filial.
La Mission Ruth et Noémie est de confession catholique mais peut être proposée aux femmes de toute confession ou, sans confession, qui désirent cheminer vers la libération, la réconciliation et s’ouvrir à Dieu dans leur vie, telle doit être la motivation du coeur. Il est à préciser qu’il n’y a pas d’engagement matériels, ces derniers, colis, dons, ne relèvent pas de cette mission.
Concrètement
La femme du dehors : Elle peut être de n’importe quelle nationalité. Ses coordonnées personnelles ne seront pas
transmises à celle du dedans, sauf son prénom.
Son engagement
Porter dans son coeur de femme cette autre femme comme une soeur, comme une fille. Les démarches spirituelles (Messe, jeûne, offrande de ses souffrances…) sont entièrement libres à l’initiative de chacune. Cette soeur veut être le Coeur de Jésus où l’on peut se reposer et trouver du réconfort dans la peine, des forces aussi. Que fait un coeur ? Il bat.

La prière, sous toutes ses formes, sera la vie de ce battement. La femme du dehors se tiendra comme « sentinelle » de l’invisible pour une autre qui marche dans la nuit de son histoire. Comme Noémie qui encourage Ruth à aller glaner dans un champ nouveau – « Un jour, Ruth la Moabite dit à Noémie : « Laisse-moi aller dans les champs. Je ramasserai les épis derrière quelqu’un qui sera bon envers moi en me permettant de le faire. » Noémie répond : « Vas y, ma fille ». (Ruth 12,1)
La femme du dehors encouragera cette autre à avancer dans sa foi, particulièrement aux heures sombres. L’amitié féminine vécue dans le Coeur de Jésus, au-delà du visible, fait écho aux paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». (Matthieu 18,19)
La femme du dehors pourra correspondre par lettre avec celle incarcérée, par le biais des services de la Fraternité Béthanie dont la responsable est Kristina. Cette Fraternité prend en charge la traduction des courriers dans le respect du secret des échanges. Dans le cas de libération d’une détenue, cette femme est libre de poursuivre la relation entamée dans les circonstances évoquées, mais cette démarche est alors d’ordre privée et ne concerne plus la Mission Ruth et Noémie. Une ex-détenue pourra à son tour, dès que sa situation s’avère
stable, se proposer comme femme du dehors.

La femme du dedans
Ayant participé au moins à trois rencontres proposées par la Fraternité Béthanie en prison et après entretien avec une responsable, elle pourra faire la demande de jumelage. Pour ce, la démarche sera présentée en ces termes : Je demande ce jumelage dans le but d’être soutenue pour entrer pleinement dans mon identité de fille de Dieu. Je désire être restaurée dans ma dignité de femme et répondre au projet d’amour de Dieu sur ma vie. Je sais que, comme les vierges de l’Évangile, il me revient d’entretenir l’huile de ma lampe et que personne ne peut la remplir à ma place. Mais comme ces vierges qui étaient ensemble pour attendre l’époux, moi aussi, j’ai besoin d’amies pour partager ma foi, mes questions et mes doutes, être encouragée, fortifiée, entraînée. J’affirme que Dieu peut faire toute chose nouvelle dans ma vie, comme pour Marie Madeleine, qui repentie, se jette aux pieds de Jésus, est alors immédiatement délivrée et restaurée, et se met à marcher à sa suite. Moi aussi, parcourant ce chemin, je désire apprendre à marcher avec lui, et demande dans cette démarche l’aide d’une soeur en Christ. Je pourrai m’appuyer sur sa prière et entretenir une correspondance avec elle (voir les
conditions de la correspondance, rythme…). Je m’engage, lors de ma libération, à ne pas chercher les coordonnées de cette « femme du dehors », sauf accord particulier avec la responsable de la Fraternité Béthanie et cette femme. J’ai conscience que mon engagement est aussi missionnaire et que dans les conditions difficiles qui me sont données à vivre, j’ai besoin d’être soutenue pour être, moi aussi, à la suite de Marie Madeleine, un témoignage en paroles et en actes auprès de mes soeurs détenues. Je sais que cet engagement
m’encourage aussi à la fidélité aux programmes de foi proposés par la Fraternité Béthanie.
Je sais aussi que je ne pourrais pas faire de demande matérielle (colis, dons…) à cette personne.
La présente démarche est présentée aux autorités civiles de la prison pour conformité aux règles de la prison.
Premiers engagements à la prison de Panevėžys, le 4 mars 2016, en la fête de Saint Casimir, patron de la Lituanie, lors de la S. Messe présidée par l’évêque du lieu

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