Retour de mission mars 2017

Nous voici rentrés de mission à la prison de Panevezis en compagnie du Père Robert Wrona et de sr Diane de la fraternité JPII.  DSC_0012Dés le premier jour une trentaine de femmes sont venues, et quelle  joie de toutes se retrouver!!! L’Amour et la fraternité grandissent de mission en mission! La chef de bande de la prison était là puisque maintenant engagée dans la mission, et l’on pouvait compter sur elle pour mettre de l’ordre dans ce petit monde. Elles ont écouté le témoignage du Père Robert, ancien Dj, boîte de nuit….à bien des égards les femmes retrouvaient dans ses paroles une partie de leur propre expérience.  Le Père leur a partagé l expérience de l Amour de Jésus qui l’avait relevé, restauré et conduit sur une nouvelle voie.

J ai eu du mal à reconnaître une des femmes, il était impossible qu’elle ait eu un lifting en prison! Pourtant, elle semblait avoir perdu en chemin quelques années et tout en elle était si paisible. J’ai pu partager avec elle, je vous retranscris sa réponse  » Depuis mon engagement tout a changé, maintenant, avec Jésus, je peux rester en prison, ce n est plus un problème » (cette femme a encore une très longue peine). Voilà le miracle de l Amour de notre Dieu. Je n’ai pu m empêcher de penser : et moi, puis je dire la même chose dans la situation que je vis? Jésus est là, peu importe les circonstances?

Nous avons enseigné, exhorté, partagé…mais ce sont elles pour finir qui nous ont nourris, édifiés…derrière ces visages qui nous parlent de vies détruites, amères, anéanties, elles nous offrent l’expérience qu’en chaque être humain, voleur, meurtrier…vit un Enfant de Dieu dont la seule attente est celle de son Amour…quelle soif !

Le dernier jour celles qui le désiraient pouvait renouveler leur engagement et certaines se sont engagées pour la première fois. IMG_0177 IMG_0180 IMG_0182 IMG_0187Pour clôturer ces trois jours, sr Diane leur a proposé un atelier de danses d Israël. Nous étions un peu au bal en prison, certaines dansaient, d’autres assises regardaient et toutes riaient de bon cœur…moment de grâce au delà des mots.

Avant de se quitter, nous nous sommes installées en rond pour partager, là mes amies, je n’ai guère de mots pour parler de la profondeur, de l’authenticité et de la beauté de leurs partages…en un seul, elles ont êtes bénies, abondamment bénies par Jésus au cours de ces trois jours.

Vous ne pouvez imaginer les fruits de vos prières. Ce pays est loin, vous avez peu de retours (elles ne se précipitent pas sur leur feuille pour écrire, quand elles savent écrire) mais pas l’ombre d’un doute qu’un jour au ciel, nous serons étonnées de voir dans la Lumière, la puissance de ces prières!!!C’est notre foi.

Nous gardons le projet d’une maison pour les accueillir à la sortie, une maison où se prêcheraient les retraites, tenue par elles! L’évêque a accepté le principe, il nous manque juste la maison…Dieu pourvoira!

Les autorités observent concrètement les fruits de la mission Ruth et Noémie et nous ouvrent toutes grandes les portes! Deo gratias.

Merci à vous toutes chères mamans, vous êtes précieuses dans le plan de Dieu pour chacune de ces femmes.

Myriam

Notre troisième jour de visite à la prison s’est  terminé par quelques danses d’Israël très simples. 

Elles ont été bien accueillies par les femmes : c’était un temps joyeux et détendu.

Il est bon d’avoir pu prier ensemble avec le corps, sur des phrases de psaumes, lever les mains pour offrir notre vie au Seigneur, exprimer l’espérance de prendre le bon chemin avec Jésus après toutes nos errances, écraser la tête du serpent sous nos pieds … 

Le Seigneur était au milieu de nous, il a fait de nous des sœurs.

Sr Diane

Retour de mission novembre 2016

Chères mamans !

Me voici rentrée de Lituanie et de la prison des femmes. La mission a été fructueuse, bien que contrariée au début. Au dernier moment les autorités ont supprimé toutes les autorisations pour enfin, après maintes discussions les redonner.

Le premier jour nous avons pu faire l’atelier « terre » où elles ont travaillé à se réconcilier avec la vie que Dieu leur a confiée, que de  larmes et d amertumes !!! et aussi modeler tous ces bébés avortés qui étaient cachés dans les cœurs…il faut dire que sous le communisme l’avortement était plus un moyen de contraception qu’autre chose. La prison aussi avait son avortoir, devenu à ce jour une chapelle. Elles leur ont donné un prénom et tous ont été nommés au cours de la messe avec l’aumônier.

Le second jour, elles ont fait la démarche de Marie Madeleine. Nous avions fait un petit présentoir avec une icône et elles sont venues, une à une déposer leur vie. Le grand cadeau pour ces femmes délaissées, fut aussi l’atelier photos. Sandrine les a reçues, une par une pour faire un portrait. Sandrine est une photographe professionnelle. Si vous les aviez vues ! Elles sont allées trouver du maquillage, des foulards, se parer comme des reines. Quelle transformation, à peine si certaines étaient reconnaissables, mais le plus signifiant, fut que c’était « d’être aimée » qui faisait le miracle que nous voyions sur les visages : une vrai transformation ! Une femme les recevait, juste pour elle !!!Que d’amour circulait. Le dernier jour, en sortant de la prison, nous les entendions se parler d’un quartier à l’autre : « les photos seront distribuées la semaine prochaine !!! » .

Enfin, nous avons eu la messe le 3ème jour avec des réengagements et aussi de nouveaux engagements. Nous sommes à la recherche de 6 mamans, n’hésitez pas à transmettre l’adresse du blog : http://ruthetnoemie.unblog.fr/, à des amies susceptibles d’être intéressées.

L’évêque du lieu nous a reçues avec Kristina l’aumônière des filles. Il nous a bénis et  a encouragé un nouveau projet que nous portons pour les filles : une maison tremplin pour leur sortie. En effet, les femmes sortantes ne  touchent rien pendant 6 mois après la libération, du coup, elles font sans cesse des allers retours ! Il n’y a à ce jour aucune structure de ce type en Lituanie. Voilà, nous n’avons pas un copec, mais si Dieu veut, cela se fera.

Nous avons mis au point un diaporama avec les photos de cette mission que je pourrai présenter à la fin de mes missions, we femmes…le but étant de récolter un peu de sous pour leur payer de la visite. En effet, elles ne reçoivent quasi personnes et imaginez cet isolement sur 10,15 ans…le souci est le défraiement des visiteuses. C’est si important pour elles d’être écoutées, une oreille bienveillante  juste pour elles ! Un moment d’amour et de guérison ! Cela a été vu avec l’aumônier. Il faut compter 100 euros par semaine pour visiter 4 détenues. Une visite par mois et par fille, c’est comme Noël à la prison !!!

Je n’ai pas de mot pour dire combien vous êtes importantes. Une de vos filles vient de sortir, nous sommes allés la visiter. J’attends son témoignage que je vous transmettrai, puissant ! Aussi, nous avons ajusté, dans les engagements de la femme du dehors, l’engagement d’une lettre par trimestre, car le souci est que cela est ingérable en prison si une fille reçoit et pas l’autre !!!On n’imagine pas cela !!!La jalousie, l’agressivité…mais au-delà de tout, quelle attention de votre part pour ces femmes exclues.

Voilà, je crois vous avoir tout dit. Prions pour cette maison d’accueil pour les femmes sortantes !

Prochaine mission : mois de mars 2017.

Je vous embrasse de la part de toutes vos filles !

 

Fraternellement, Myriam FOURCHAUD

Engagement de la femme du « dehors »

A l’occasion des premiers engagements à la prison de Panevėžys, le 4 mars 2016, Saint Casimir, patron de la Lituanie, lors de la messe présidée par Monseigneur

Mission Ruth et Noémie
Engagement pour prendre en jumelage une femme incarcérée

Cet engagement répond à un appel dans votre cœur. En effet, la dure réalité de l’univers carcéral rend nos sœurs détenues particulièrement fragiles et sensibles à tout ce qui concerne les relations humaines. J’attire l’attention sur le fait que cela est un engagement du cœur dans le Cœur de Jésus. Cela implique que cet engagement se déroule dans la durée. Ces femmes sont emprisonnées pour une moyenne de 15 années. Pour exemple, je pense à cette jeune fille condamnée à 18 ans à ses 16 ans. Elle en a 23 à ce jour et en aura 34 à sa sortie (sauf révision du procès). Vous imaginez combien un lien avec l’extérieur est comme une lucarne sur leur liberté, un témoignage qu’elles sont importantes et existent au delà des barreaux qui les réduisent sans cesse à la faute de leur passé. Notre tâche, comme expliquée dans la présentation, est d’être une mémoire vivante qui leur rappelle qu’elles sont avant tout filles de Dieu, de les encourager, les soutenir, voilà pour ce qui est des courriers. Pour la prière, elle est maternelle, comme une mère porte son enfant « en elle » dans son cœur, même si ce dernier est loin. Les initiatives spirituelles sont entièrement libres, mais retenons que l’offrande de nos contrariétés du quotidien, petites et grandes les couvrira de tendresse au-delà du visible.
Cette mission naît en l’Année Sainte de la Miséricorde 2015-2016 ; elle répond à ces temps qui appellent la reconnaissance de l’inépuisable Miséricorde de Dieu pour les pécheurs, et se veut une œuvre de la Miséricorde. En tant que femme, sentinelle de l’invisible, selon les termes de Saint Jean-Paul II, nous pouvons, avec l’eau de nos prières, abreuver d’autres cœurs, au-delà du visible. Marie n’a-t-elle pas été active par ses vertus passives ? Foi, Espérance, Charité… Nous cultiverons ce jardin des vertus avec et pour une autre. N’oublions pas que derrière chacune de ces femmes, il y a de nombreuses autres femmes qu’elles côtoient au quotidien et qui sont enfermées dans les affres de la violence, de la colère que les conditions carcérales favorisent. Prions pour une contagion de Foi, d’Espérance et de Charité à l’intérieur de la prison. La femme que vous jumelez s’est engagée à devenir missionnaire là où elle est, elle a besoin de vous pour cela aussi. Notre service sera d’être toute accueil sans juger, ni évaluer aucune des situations qui nous seront confiées. Notre axe humain et spirituel est de les soutenir inconditionnellement, de leur rappeler sans cesse combien elles sont aimées de leur Père du Ciel. Nous faisons mémoire  des paroles de Mère Teresa : « Les pauvres ont besoin de nous, mais le besoin que nous avons des pauvres n’est pas moins grand. La plus grande pauvreté réside dans le fait de ne pas être aimé ».

La femme du dehors
Elle peut être de n’importe quelle nationalité. Ses coordonnées personnelles ne seront pas transmises à celle du dedans, sauf son prénom.

La femme du dehors s’engage à :

  • Porter dans son cœur de femme cette autre femme comme une sœur, comme une fille. Les démarches spirituelles (Messe, jeûne, offrande de ses souffrances…) sont entièrement libres à l’initiative de chacune. Cette sœur veut être le Cœur de Jésus où l’on peut se reposer et trouver du réconfort dans la peine, des forces aussi. Que fait un cœur ? Il bat. La prière, sous toutes ses formes, sera la vie de ce battement. La femme du dehors se tiendra comme « sentinelle » de l’invisible pour une autre qui marche dans la nuit de son histoire. Comme Noémie qui encourage Ruth à aller glaner dans un champ nouveau – « Un jour, Ruth la Moabite dit à Noémie : « Laisse-moi aller dans les champs. Je ramasserai les épis derrière quelqu’un qui sera bon envers moi en me permettant de le faire. » Noémie répond : « Vas-y, ma fille » (Ruth 12,1).
  • Encourager cette autre à avancer dans sa foi, particulièrement aux heures sombres par le biais de la prière mais aussi de courriers, une lettre par trimestre (ou plus si vous le souhaitez). L’amitié féminine vécue dans le Cœur de Jésus, au-delà du visible, fait écho aux paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». (Matthieu 18,19)

la Fraternité Béthanie dont la responsable est Kristina prend en charge la traduction des courriers dans le respect du secret des échanges. Dans le cas de libération d’une détenue, cette femme est libre de poursuivre la relation entamée dans les circonstances évoquées, mais cette démarche est alors d’ordre privée et ne concerne plus la Mission Ruth et Béthanie. Une ex-détenue pourra à son tour, dès que sa situation s’avère stable, se proposer comme femme du dehors.

Les courriers : Les lettres de vos filles sont  traduites par Kristina et envoyées à Adriana Boursange qui vous les transmets, et à qui vous enverrez vos réponses qui seront alors, à leur tour traduites et retransmises. Vous avez aussi la possibilité d’envoyer votre lettre trimestrielle directement à Kristina dont vous trouverez les coordonnées à la rubrique « coordonnées »

Adresse : Mission Ruth et Noémie pour : prénom

Annexe
Extraits de la Bulle d’Indiction du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde
« Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45) ».
« Si Dieu s’arrêtait à la justice, il cesserait d’être Dieu ; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’anéantir. C’est ainsi que Dieu va au-delà de la justice avec la miséricorde et le pardon. Cela ne signifie pas dévaluer la justice ou la rendre superflue, au contraire. Qui se trompe devra purger sa peine, mais ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon. Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice ».

Mission Ruth et Noémie

Les Fraternités Béthanie et Jean-Paul II
« MISSION RUTH ET NOÉMIE »

Cette initiative est née d’une mission en Lituanie en décembre 2015 et de la visite aux femmes à la prison de Panevėžys dont Kristina est l’aumônière. Voici comment Kristina s’est investie auprès des femmes de cette prison :
« En 2010, je commençais à visiter les prisonnières dans la prison des femmes Panevėžys. J’étais choquée car chaque mois était marqué par un suicide. Il y avait dans cette prison des intervenants protestants, mais une prisonnière catholique priait afin de pouvoir bénéficier aussi d’une visite d’une personne catholique. Je fus peu de temps après invitée à me rendre à la prison pour parler aux femmes. Ces dernières avaient exprimé le souhait de pouvoir parler avec une femme, certainement se sentant plus en confiance, comprises. Après cette première
prise de contact, les prisonnières réclamèrent de nouvelles rencontres. Je priais alors l’Esprit Saint de me guider. C’est alors que les mots « restaurée » et « acquittée » se sont imposés à moi. Je mis donc en place un programme sur ces thèmes. L’intention était de favoriser une rencontre avec Jésus aimant, mais aussi de favoriser un chemin de demande de pardon à leur victime quand cela était possible. C’est ainsi que je travaille dans cette prison depuis cinq ans avec mission de l’Evêque. Cette prison est habitée par 350 femmes dont 120 sont emprisonnées pour la première fois. Je le précise car malheureusement, la récidive est un problème dominant à la prison des femmes. Lorsque nous nous réunissons, il y a de 20 à 50  femmes assidues aux rencontres. La plupart sont catholiques, mais il y aussi des juives, musulmanes et orthodoxes. La grande majorité sont ici pour meurtres, 15% pour détention de stupéfiant, 10% pour vols, fraudes… Les détenues sont demandeuses d’enseignements, de prière, d’attention à leur identité féminine sans cesse menacée par les conditions carcérales ».
Pour ma part, je fus, lors de cette première rencontre, bouleversée par la soif de ces femmes. Comment ne pas penser aux Israélites, qui manquant de tout, affamés et assoiffés,reçoivent la manne céleste. Ce fut une expérience forte de ce que la soif de l’homme attire la Gloire de Dieu. Mais aussi, de ce que les difficultés des conditions physiques et relationnelles de ces femmes menaçaient à tout moment les petites avancées de foi,
d’espérance et de fidélité. Je confiais tout ceci alors à l’intercession du bienheureux père Lataste dont les phrases me nourrissaient : « Dieu oublie ce que vous avez été, et ne retient que ce que vous êtes ». Je leur prêchais cette matinée dans ce sens de la Miséricorde inépuisable de Dieu, mais intimement, je me demandais comment entretenir l’étincelle des rencontres fortes qui leur étaient proposées chaque semaine, face à la dureté quotidienne de l’univers carcéral ? Le dimanche 10 janvier (Baptême du Seigneur), je finissais une neuvaine à Mère Teresa, et me vint à la messe l’idée de cette mission.
Vision
Il y a d’un côté ces femmes, avec leur histoires, douloureuses, souvent dramatiques et Jésus qui est là assoiffé de leur âmes, ne dit-il pas qu’il est venu pour les pécheurs ? Et au milieu, cet univers clos, déshumanisant, « déspiritualisant » (homosexualité, drogue… tant de tentations…) qui dit au quotidien que plus rien n’est possible, que cette vie est un gâchis, remplissant l’atmosphère d’amertume, de colère, de révolte. Je pensais qu’il leur faudrait enjamber d’une manière ou d’une autre les murs de cette prison, s’évader par le coeur, jusqu’au Coeur de Jésus. J’eus alors l’idée d’un jumelage : une femme dedans, une femme dehors. Celle du dehors est ce marchepied que les femmes prisonnières peuvent emprunter pour regarder au-delà des murs carcéraux. Celle du dedans peut alors partager ses aspirations, sa soif loin des regards des autres prisonnières, librement en quelque sorte, car la vie en prison impose nombre de codes relationnels. Qui ne s’est jamais senti enfermé dans
un problème, souhaitant au plus intime trouver une personne neutre qui écoutera, entendra, sans jugement, sans à priori ? Celle du dehors est cette main tendue de Jésus qui rappelle qu’il ne se souvient plus du passé, que toute histoire, même la plus dramatique, en lui, peut avoir une autre fin, une autre issue, une preuve de l’espérance qu’il leur offre. Un autre point important est la valeur de l’engagement. Accepter et choisir le jumelage dans les conditions définies, est un acte d’engagement : « Oui, je veux cheminer vers Jésus, avec
l’aide d’une autre femme chrétienne ». La relation a valeur de témoignage et le témoignage augmente la foi. N’est-ce pas alors, à Jésus, que cette déclaration est faite ?
De plus, nous savons bien que les douleurs liées au sentiment d’indignité se guérissent avec l’attention d’un amour sans condition qui dit : « Tu n’es pas les actes que tu as commis, tu es là pour réparer ces fautes, mais ces fautes ne définissent pas ton identité, moi, je suis là pour te rappeler que tu es fille de Dieu… », rappeler que la Miséricorde est toujours plus grande que la misère, et ce afin de travailler à la restauration du sentiment filial.
La Mission Ruth et Noémie est de confession catholique mais peut être proposée aux femmes de toute confession ou, sans confession, qui désirent cheminer vers la libération, la réconciliation et s’ouvrir à Dieu dans leur vie, telle doit être la motivation du coeur. Il est à préciser qu’il n’y a pas d’engagement matériels, ces derniers, colis, dons, ne relèvent pas de cette mission.
Concrètement
La femme du dehors : Elle peut être de n’importe quelle nationalité. Ses coordonnées personnelles ne seront pas
transmises à celle du dedans, sauf son prénom.
Son engagement
Porter dans son coeur de femme cette autre femme comme une soeur, comme une fille. Les démarches spirituelles (Messe, jeûne, offrande de ses souffrances…) sont entièrement libres à l’initiative de chacune. Cette soeur veut être le Coeur de Jésus où l’on peut se reposer et trouver du réconfort dans la peine, des forces aussi. Que fait un coeur ? Il bat.

La prière, sous toutes ses formes, sera la vie de ce battement. La femme du dehors se tiendra comme « sentinelle » de l’invisible pour une autre qui marche dans la nuit de son histoire. Comme Noémie qui encourage Ruth à aller glaner dans un champ nouveau – « Un jour, Ruth la Moabite dit à Noémie : « Laisse-moi aller dans les champs. Je ramasserai les épis derrière quelqu’un qui sera bon envers moi en me permettant de le faire. » Noémie répond : « Vas y, ma fille ». (Ruth 12,1)
La femme du dehors encouragera cette autre à avancer dans sa foi, particulièrement aux heures sombres. L’amitié féminine vécue dans le Coeur de Jésus, au-delà du visible, fait écho aux paroles de Jésus : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». (Matthieu 18,19)
La femme du dehors pourra correspondre par lettre avec celle incarcérée, par le biais des services de la Fraternité Béthanie dont la responsable est Kristina. Cette Fraternité prend en charge la traduction des courriers dans le respect du secret des échanges. Dans le cas de libération d’une détenue, cette femme est libre de poursuivre la relation entamée dans les circonstances évoquées, mais cette démarche est alors d’ordre privée et ne concerne plus la Mission Ruth et Noémie. Une ex-détenue pourra à son tour, dès que sa situation s’avère
stable, se proposer comme femme du dehors.

La femme du dedans
Ayant participé au moins à trois rencontres proposées par la Fraternité Béthanie en prison et après entretien avec une responsable, elle pourra faire la demande de jumelage. Pour ce, la démarche sera présentée en ces termes : Je demande ce jumelage dans le but d’être soutenue pour entrer pleinement dans mon identité de fille de Dieu. Je désire être restaurée dans ma dignité de femme et répondre au projet d’amour de Dieu sur ma vie. Je sais que, comme les vierges de l’Évangile, il me revient d’entretenir l’huile de ma lampe et que personne ne peut la remplir à ma place. Mais comme ces vierges qui étaient ensemble pour attendre l’époux, moi aussi, j’ai besoin d’amies pour partager ma foi, mes questions et mes doutes, être encouragée, fortifiée, entraînée. J’affirme que Dieu peut faire toute chose nouvelle dans ma vie, comme pour Marie Madeleine, qui repentie, se jette aux pieds de Jésus, est alors immédiatement délivrée et restaurée, et se met à marcher à sa suite. Moi aussi, parcourant ce chemin, je désire apprendre à marcher avec lui, et demande dans cette démarche l’aide d’une soeur en Christ. Je pourrai m’appuyer sur sa prière et entretenir une correspondance avec elle (voir les
conditions de la correspondance, rythme…). Je m’engage, lors de ma libération, à ne pas chercher les coordonnées de cette « femme du dehors », sauf accord particulier avec la responsable de la Fraternité Béthanie et cette femme. J’ai conscience que mon engagement est aussi missionnaire et que dans les conditions difficiles qui me sont données à vivre, j’ai besoin d’être soutenue pour être, moi aussi, à la suite de Marie Madeleine, un témoignage en paroles et en actes auprès de mes soeurs détenues. Je sais que cet engagement
m’encourage aussi à la fidélité aux programmes de foi proposés par la Fraternité Béthanie.
Je sais aussi que je ne pourrais pas faire de demande matérielle (colis, dons…) à cette personne.
La présente démarche est présentée aux autorités civiles de la prison pour conformité aux règles de la prison.
Premiers engagements à la prison de Panevėžys, le 4 mars 2016, en la fête de Saint Casimir, patron de la Lituanie, lors de la S. Messe présidée par l’évêque du lieu

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